Le déplacement de Hebron

Collaborators : Andersen, Holly | Baulu, Kat | Clarke, Annette | Fernando, Rohan | Hartery, Latonia | Office national du film du Canada

Holly Andersen, de Makkovik, au Nunatsiavut, a toujours su que la maison dans laquelle elle vit porte en ses murs les échos du déplacement forcé des Inuit du nord du Labrador. Dans Le déplacement de Hebron, la réalisatrice explore ce qui fait d'un lieu un véritable chez-soi, alors qu'elle s'entretient avec des connaissances et des proches de l'incidence de la réinstallation sur des générations d'Inuit du Labrador. Située dans un quartier de Makkovik encore appelé Hebron End, la maison de Holly Andersen est l'une des nombreuses demeures construites à la hâte pour accueillir les Inuit arrivant du Nord. Les quelques maisons qui subsistent témoignent de la façon dont les réinstallations ont remodelé non seulement Makkovik, mais aussi de nombreuses communautés du Nunatsiavut. Consciente de ne pas connaître toute l'histoire qui sous-tend cet événement, Holly Andersen ressent l'obligation d'en savoir davantage sur les liens qui unissent sa communauté. En 1959, les Inuit de Hebron, dans le nord du Labrador, ont appris qu'on allait les séparer et les déplacer vers le sud de la région. Il leur a fallu parcourir des centaines de kilomètres en bateau pour rejoindre leurs nouvelles demeures, entre autres à Makkovik. La plupart des familles n'étaient pas préparées à un changement aussi radical. Elles ont laissé derrière elles tout ce qu'elles connaissaient, et le fait de s'intégrer dans un lieu différent n'a pas toujours été aisé. Bien que ces familles aient été relogées il y a plusieurs générations, nombre d'entre elles considèrent encore qu'elles vivent loin de chez elles. Dans sa jeunesse, Holly Andersen avait entendu parler des réinstallations. Des camarades et des gens de son voisinage descendaient de personnes relogées, mais elle n'avait pas réalisé à quel point les Inuit du Nunatsiavut ressentaient encore les effets de leur déplacement. Au fil de conversations touchantes avec des membres de la communauté, Holly Andersen nous guide avec délicatesse alors qu'elle met au jour les dessous de cet événement et réfléchit à sa signification pour les familles. Entremêlant les histoires intimes de sa communauté et des images rares qui donnent un aperçu de la vie pendant ce bouleversement, la cinéaste jette un regard sincère sur un passé difficile qui a métamorphosé à jamais la vie des Inuit du Labrador.


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Hebron Relocation

Filmmaker Holly Andersen of Makkovik, Nunatsiavut, always knew that the house she lives in carries within its frame the echoes of the forced displacement of northern Labrador Inuit. In Hebron Relocation, Andersen explores what makes a place a home as she speaks with community members about how the relocation impacted generations of Labrador Inuit. Located in an area of Makkovik still known as Hebron End, Andersen's house was one of many homes across Labrador communities that were hastily built for incoming northern Inuit relocatees. The few houses that remain are reminders of how the relocations reshaped not just Makkovik, but many communities in Nunatsiavut. Realizing she did not know the whole story behind the relocations, Andersen felt compelled to learn more about her community's connection. In 1959, residents of the northern Labrador Inuit community of Hebron were told that, without question, they would be divided up and relocated to more southerly communities across the region. Community members travelled south by boat for hundreds of kilometres to their new homes, including the community of Makkovik. Most families were not prepared for such a drastic change. They left everything they knew behind, and integrating into new communities was not always easy. Even though these families were relocated generations ago, many still consider themselves to be living far from home. Growing up, Andersen knew of the relocations, with some of her friends and neighbours being descendants of the relocatees, but she did not realize the extent to which Inuit in Nunatsiavut were still feeling the impacts of their displacement. Through touching conversations with community members, Andersen guides us with care as she learns about their stories of relocation and reflects on what it has meant for their families. By weaving together intimate stories from her community with rare footage that gives us a glimpse of community life during this upheaval, Andersen provides a heartfelt look at a difficult past that has changed the lives of Labrador Inuit forever.

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Mlle Campbell : enseignante inuk

Heather Campbell voyait en sa grand-mère une enseignante, une matriarche et un membre bien-aimé de la famille. Mais dans la petite communauté de Rigolet, au Labrador, on considérait celle qu'on appelait Mlle Campbell comme une force de la nature. Tenant à la fois du poème visuel et du récit oral, Mlle Campbell : enseignante inuk amalgame aux délicates aquarelles animalières de Heather (où narvals, ours polaires, phoques et oiseaux se côtoient) des vidéos, des photos de famille et une animation dynamique afin de capter l'esprit de cette femme extraordinaire et d'en esquisser un portrait documentaire. Toute jeune, Evelyn Campbell possède déjà un sens aigu de la justice. Au pensionnat, elle aide ses camarades de classe à étudier et à réussir les examens, une expérience qui lui donne envie de se destiner à l'enseignement. Cette femme qui figure parmi les premières enseignantes autochtones du système scolaire public du pays souhaite inculquer à ses élèves un sentiment de fierté, leur faire connaître leur culture et rompre le cycle de la dévalorisation et des traumatismes dont elle a elle-même souffert au pensionnat. «[Ma grand-mère] savait que tous les enfants de cette ville étaient intelligents, dit Heather. Elle savait que nous pouvions réussir.» Précurseure d'un système d'éducation dirigé par des Inuit, Evelyn Campbell est l'unique enseignante d'une école qui ne comporte qu'une seule pièce, dans laquelle prennent place les élèves de la maternelle à la douzième année. Bien qu'elle ait hérité des méthodes d'enseignement de ceux et celles qui l'ont précédée, sa motivation est d'une tout autre nature. Au fil d'une carrière de plus de 35 ans, elle s'ouvre à son patrimoine inuit et partage sa soif d'apprendre au moyen de la musique et des récits. En 1986, on lui décerne l'Ordre du Canada. Mlle Campbell : enseignante inuk recrée non seulement les jalons d'une vie, mais la sobre beauté du paysage au moyen d'images fluides qui circulent librement, incarnations des connaissances traditionnelles transmises de génération en génération. Le film témoigne affectueusement de la capacité d'une personne à façonner une communauté entière.

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