Deyzangeroo
Bien des cultures ont vu dans l’éclipse lunaire un implacable rappel du jour du Jugement. Les gens psalmodiaient des prières, chantaient et récitaient des poèmes pour tenter de communiquer avec la nature et les forces cosmiques du ciel. Ils demandaient le pardon ou la compréhension, car ils aspiraient à ce qu’ils craignaient d’avoir perdu. «Deyzangeroo» figure parmi ces rituels. Cette cérémonie empreinte de vénération, de crainte et de magie se déroulait dans la ville portuaire de Buchehr, sur les rives du golfe Persique, au rythme singulier des percussions, des chants et des danses tribales. Faisant écho à la domination coloniale portugaise, puis britannique sur la ville, et à la présence des esclaves africains, elle était censée repousser les esprits maléfiques et faire réapparaître la Lune lors des éclipses. Et elle fonctionnait chaque fois… Le court métrage d’animation Deyzangeroo incarne ce rituel. Réalisé par le cinéaste canadien d’origine iranienne Ehsan Gharib et produit par Maral Mohammadian, de l’Office national du film du Canada, le film de quatre minutes recourt à l’animation peinte à la main, à la photographie à intervalle et à la photographie truquée au moyen de miroirs. Deyzangeroo s’inspire de l’envoûtante musique du compositeur et percussionniste virtuose Habib Meftah Boushehri, lequel a collaboré au film.
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