Les enfants de tout le monde

Collaborateurs : Basmajian, Silva | Delmos, Monika | Lee, Anita | Office national du film du Canada

ls arrivent seuls et traumatisés dans un pays qui leur est complètement étranger. Étonnamment, certaines provinces, dont l’Ontario, ne disposent d’aucun système gouvernemental de prise en charge des réfugiés mineurs non accompagnés. Le documentaire Les enfants de tout le monde dépeint de façon éloquente une année dans la vie de deux de ces jeunes réfugiés, Joyce et Sallieu. De prime abord, ils ressemblent à tous les autres adolescents, mais l’introverti Sallieu a quitté la Sierra Leone déchirée par la guerre après avoir vu sa mère se faire assassiner tandis que Joyce, une pétillante jeune fille, a fui la République démocratique du Congo pour échapper à la vie de prostitution à laquelle la destinait sa famille. Ces deux jeunes se construisent courageusement une nouvelle vie à Toronto et nous parlent ouvertement tant de la perte d’êtres chers que de ce qu’ils souhaitent s’acheter au centre commercial. Tandis qu’ils tentent de trouver leur équilibre devant les pressions d’être des adolescents normaux tout en étant engagés dans le processus de demande d’asile, ce sont les conseils et le soutien d’une poignée de gens qui font une réelle différence dans le quotidien de ces enfants. Des enfants qui en fin de compte sont les nôtres à tous, comme le démontre avec éloquence la réalisatrice Monika Delmos.


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La cité invisible

Kendell et Mikey vivent dans le projet d'habitation du quartier défavorisé de Regent Park, à Toronto, et subissent des transformations, àl'instar du milieu environnant. Immeubles à demi-démolis, chantiers de construction clôturés et terrains vagues ponctuent le paysage, car des travaux de revitalisation de Regent Park sont en cours. Isolée socialement et physiquement depuis sa création à la fin des années 1940, la communauté de Regent Park amorce un processus de mutation. La cité invisible, dont le tournage s'est déroulé sur trois ans, relate l'émouvant passage de deux garçons à l'âge adulte. Alors que leur mère et leurs mentors souhaitent leur inculquer la volonté de réussir, le milieu et la pression sociale les poussent à faire de mauvais choix. Aux prises avec les contraintes de l'école secondaire et l'impitoyable réalité, ils expriment avec lucidité les sentiments qui les habitent : inquiétude, optimisme, vulnérabilité et compréhension. Le candidat aux Oscars et réalisateur Hubert Davis braque sa caméra sur un quartier défavorisé trop souvent oublié pour dépeindre avec sensibilité la pauvreté et les problèmes raciaux qui constituent l'envers de l'urbanité. Le cinéaste capte les rêves et les déceptions de Kendell et de Mikey à un moment déterminant de leur vie. Les brillantes tours de verre dont l'achèvement coïncide avec la fin du film annoncent une ère nouvelle. Invisible depuis tant d'années, Regent Park émergera enfin de l'ombre et de la stigmatisation. Kendell et Mikey auront-ils la même chance?

Année : 4e secondaire | 5e secondaire